Halictus, abeille solitaire

Outre les abeilles mellifères, environ 1000 espèces d’abeilles sauvages contribuent au miracle quotidien de la pollinisation des cultures vivrières en France et garantissent ainsi l’équilibre des écosystèmes. Je ne vous parlerai pas des premières mais bien des abeilles sauvages et plus particulièrement des abeilles maçonnes. Leur mauvais côté ? Elles ne font pas de miel mais, s’occuper d’une ruche, c’est un métier… Comme nous le savons toutes et tous, les abeilles sont menacées, leurs niveaux de population ayant chuté de 50% au cours des 25 dernières années, pourquoi ne pas adopter une petite maison, un nichoir pour elles afin de les observer, les regarder vivre ? Mon jardin, lui n’attend qu’elles !

Pourquoi les abeilles ?

la collecte de morceaux de feuilles

Faut-il rappeler que la pollinisation permet, en grande partie, d’assurer une biodiversité essentielle à notre écosystème : environ 4 000 variétés de fruits et légumes n’existeraient pas sans la pollinisation et que 75 % de la production mondiale de nourriture dépend des insectes pollinisateurs ? Depuis la fin des années 1990, les apiculteurs constatent un net recul des populations d’abeilles. En cause, les pesticides, les néonicotinoides, une catégorie d’insecticides utilisée en agriculture conventionnelle et très nocive pour les pollinisateurs dont l’abeille est la championne !

Savez-vous que ? La pollinisation consiste à transporter les grains de pollen, par l’intermédiaire d’un pollinisateur, d’une fleur ou plante à l’autre de la même espèce (cas d’autofécondation) ou d’une espèce différente (cas de croisement). Avec sa vision trichromatique, l’abeille localise facilement, à l’intérieur de la fleur, les endroits riches en nectar.

Les abeilles sauvages

Les abeilles sauvages ont deux gros avantages par rapport aux abeilles melllifères. Le premier est le fait qu’elles sont solitaires, elles travaillent pour elles-mêmes et vivent de façon indépendante, pas de reine, pas d’ouvrières, ce qui les rend beaucoup moins sensibles aux maladies et aux ravageurs. Et deuxièmement, parce que ne vivant pas dans des ruches, elles ne peuvent pas être «réduites en esclavage» pour l’agriculture commerciale qui augmente leur exposition aux toxines. Leur mauvais côté ? Elles ne font pas de miel. Chaque goutte de nectar butinée est soigneusement mélangée avec le pollen, formant de petites boules de nourriture et stockée dans les cellules du tunnel pour les futures jeunes abeilles.

Les abeilles maçonnes

Ce sont les reines de la pollinisation en plein champ ! Pourquoi « maçonnes » ? Parce qu’elles ne sont pas en mesure de creuser leurs propres cavités de nidification, elles font leurs nids hors-sol dans les tunnels et semblent être très heureuses d’utiliser n’importe quel endroit approprié. qu’une fois qu’elles ont construit leurs nids, chaque femelle pond ses propres oeufs, elles scellent les cellules où elles ont pondu leurs œufs. Leur périmètre ne dépasse pas 300 mètres pour éviter de rester éloigner d’un tunnel ouvert. Elles risqueraient d’exposer leur nidification à la concurrence et aux prédateurs. Cela explique en partie, leur rapidité fulgurante. Chaque femelle travaille pour elle-même, elle est seule responsable de sa lignée génétique chaque jour de sa vie.

L’abeille maçonne cornue (Osmia cornuta), est une espèce très répandue. Son éclosion est l’une des plus hâtive puisqu’elle sort de son cocon dès les premiers jours chauds de mars et est active jusqu’à la mi-mai. Elle mesure de 8 à 15 mm et est très poilue… Elle récolte son pollen sur différents buissons, herbes et arbres. Elle butine les fleurs de plus de 13 familles de plantes avec une préférence pour les fleurs d’arbres fruitiers et d’arbustes à baie. Elle utilise de l’argile comme matériau de construction pour les parois séparant les cellules et l’opercule qui est très soigneusement lissé.

L’abeille maçonne rousse (Osmia bicornis), elle, attend avril pour être active mais le reste jusqu’à la fin du mois de juin. Avec un corps recouvert d’un épais duvet, l’osmie rousse mesure de 8 à 12 mm. Si elle est légèrement plus petite que la cornue, elle est plutôt costaude et ressemble à une abeille à miel, par la taille et la couleur. Elle butine les fleurs de plus de 19 familles de plantes avec une prédilection pour les rosacées. Mais aussi les fleurs de pommier, de cerisier, d’abricotier, le chêne, l’érable, la renoncule et la moutarde des champs.

La « Maçonne » en plein travail !

Elle utilise elle-aussi de l’argile comme matériau de construction pour les parois séparant les cellules et pour l’opercule du nid mais son travail est moins soigné, moins lisse et plus friable, que celui de sa copine maçonne cornue.

Des abeilles à adopter : To Bee or not to Be !

Commande facile sur le site : http://www.beehome.net Livré avec votre population de départ d’abeilles maçonnes (de début mars à fin mai).

Paisibles et solitaires, les abeilles maçonnes, contrairement aux abeilles mellifères, ne sont pas agressives, elles n’ont pas de réserve de miel à défendre… On peut s’approcher de leurs nids et observer ces animaux de très près sans aucun danger. Les femelles possèdent bien un tout petit dard, mais elles ne l’emploient pratiquement jamais. Il faudrait vraiment leur forcer la main pour risquer d’être piqué. Contrairement aux piqûres d’abeilles mellifères ou de guêpe, la piqûre d’une abeille maçonne est à peine douloureuse, si elle devait toutefois se produire. En effet, leur dard est si mou qu’il ne parvient presque pas à transpercer notre peau. Les abeilles maçonnes ne sont par ailleurs pas attirées par la nourriture ou des boissons sucrées.

Comment adopter : Le BeeHome !

ll est possible de suivre en toute sécurité le cycle de vie des abeilles dans la maisonnette grâce à un tiroir d’observation très pédagogique.

Il est important d’encourager la nidification des abeilles sauvages. Pour repeupler les espèces. La start-up Pollinature s’engage depuis plusieurs années dans des projets en faveur des abeilles sauvages et nous de participer à leur préservation et à leur développement. Comment ? En commandant une maisonnette en bois et en canne, la BeeHome, avec une petite population d’abeilles maçonnes. Simple à installer, sur un balcon en ville ou dans le jardin.

Comment résister à l’envie d’observer une centaine de jeunes abeilles qui pourraient naître au prochain printemps, de découvrir leur monde ? Je n’ai pas encore installé une BeeHome dans mon jardin, difficile en ce moment avec ce Corona de malheur mais dès que je le peux, je vais les accueillir ces maçonnes ! En attendant, pas compliqué, il suffit de leur préparer le terrain en plantant des fleurs qu’elles aiment.

Bien installée la Maçonne !

BeeHome, en pratique :

  • De début mars à fin mai : expédition de la BeeHome avec sa population d’abeilles maçonnes (pour les commandes en dehors de cette période, les abeilles sont expédiées le printemps suivant).
  • Les abeilles maçonnes éclosent de leur cocon dans lequel elles étaient en hibernation. Selon la température, cela peut prendre de 10 à 30 jours. Elles parcourent des distances allant de 100 à 300 mètres pour récolter du pollen et du nectar pour leur progéniture pondue dans les tubes de la maisonnette.
  • Et l’année suivante ? Les oeufs déposés par les femelles la première année vont se développer jusqu’à l’âge adulte pour éclore le printemps suivant. Vous aurez alors le plaisir d’observer la deuxième génération d’abeilles que vous avez adoptées.

Et les autres abeilles sauvages ?

Un nid dans une coquille d’escargot

Outre les abeilles maçonnes qui colonisent votre BeeHome au printemps, il existe plus de 600 autres espèces d’abeilles sauvages en France. Toutes les abeilles sauvages ont besoin d’un lieu de nidification adapté, de nourriture et de matériaux de nidification. La majorité des abeilles sauvages niche dans le sol, en suivant la forme des cavités. D’autres espèces construisent leur nid au cœur de branches, dans du bois pourri ou encore dans des coquilles d’escargot abandonnées. De plus, tous les pollens ne conviennent pas à toutes les abeilles sauvages. Il n’est donc pas impossible d’accueillir, en plus des abeilles maçonnes, d’autres abeilles sauvages dans votre jardin !

Près de la moitié des abeilles sauvages de France sont menacées et figurent sur liste rouge, elles ont besoin et de fleurs spécifiques et de lieux de nidifications appropriés. ADOPTEZ !

La start-up Pollinature

Tom Strobl et Claudio Sedivy, les biologistes fondateurs de Pollinature.

Pollinature est le fournisseur mondial d’abeilles maçonnes indigènes pour une pollinisation efficace dans les cultures de baies et de fruits. La jeune entreprise suisse implantée à Zurich (siège principal), Constance (Allemagne) et Marling (Italie), fondée en 2013 par 2 biologistes, Claudio Sedivy et Tom Strobl, a, pour but, de sensibiliser, d’éduquer et de rendre acteurs les particuliers. Bien sûr, les agriculteurs sont aussi concernés par le maintien de la biodiversité. L’activité de Pollinature se déploie sur 3 axes :

  • Adoption d’abeilles sauvages par les particuliers et pédagogie (BeeHome)

• Service de pollinisation pour les producteurs de fruits et conseils (OsmiPro)

• Planification et conception de jardins conçus particulièrement pour les abeilles (BeeParadise)

Publié par presscard49096

"Le libre arbitre, c'est le pouvoir de se déterminer soi-même sans être déterminée par rien"

Créer un nouveau site sur WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :