Au début des années 2000, les États-Unis ont vu naître, après la crise des subprimes, le « Small House Movement », un mouvement architectural et social qui encourage une vie dans un espace plus petit. Les tiny houses. En France, la première mini-maison a fait son apparition en 2013. Depuis le phénomène progresse. De plus en plus de constructeurs se laissent séduire par le concept. Certains ont des carnets de commandes pleins pour les deux prochaines années. Alors, tendance la mini-maison ?

Tiny house Kab’inn Joy – Lumineuse avec ses larges ouvertures sur chaque façade, double vitrage en aluminium, isolation thermique avec parois respirantes, protection antifongique, hydrofuge, ignifuge, huiles naturelles, radiateurs infrarouges – structures et barda en épicéa.

Une maison ? 71 % des Français en rêvent* pour être au calme, une chose importante pour 27,7 % des personnes interrogées, le prix n’arrivant qu’en deuxième position. Après bientôt deux années de confinement, de déconfinement, de privation de libertés, l’envie d’aller voir ailleurs, de quitter la ville, de se mettre au calme est essentiel pour certains. La tiny house répond à cette attente et est aussi une prise de position écologique. À condition d’opter pour un minimalisme certain…

Une maison d’architecte pour l’essentiel et écologique

Tarif de base HT, maison clés en mains
59 460 €- Livraison
sous 8 mois maximum après commande.

Chez Kab’inn, il existe 3 modèles. Le modèle initial, Kab’inn Joy est construit de plain-pied. Les rangements et l’organisation de l’espace ont été conçus pour un maximum de fonctionnalité. Mais fonctionnalité n’empêche pas le look, ces petites maisons ont un véritable design d’architecte !

Salle de bain en fibrociment, grande douche et toilettes sèches chez Kab’inn

La preuve, c’est ce qui a séduit les spécialistes des tiny houses Kab’inn qui ont remporté le prix BIG SEE de l’architecture de tourisme 2020 ainsi que la médaille d’argent du prix German Dream House 2021 pour leur design, leur identité et l’expérience qu’elles font vivre. Lumineuses, elles le sont, les baies vitrées apportant l’extérieur à l’intérieur…

« Chez kab’inn nous venons d’horizons divers, de pays et de cultures différentes, mais nous sommes naturellement rencontrés autour d’une même aspiration au minimalisme et autour d’un même rêve : celui de voir les choses en grand dans des mini-maisons, et de partager ce rêve avec d’autres« . kab-inn.com

Pour qui ?

Alors, la petite maison sur votre terrain, en maison secondaire ou en résidence principale ? L’une ou l’autre sera parfaite. L’idée est bonne ! Ces petites maisons peuvent faire office de pied-à-terre pour les citadins qui souhaitent passer leurs week-ends dans la nature mais, installées dans un jardin, elles deviennent une dépendance ou un bureau. Elles peuvent également évidemment constituer une habitation principale pour des personnes seules ou en couple sans enfant ou, comme aux USA, une femme avec un enfant. Mais elles peuvent séduire bien d’autres personnes, des professionnels du tourisme à la recherche d’hébergements plus innovants et écologiques, par exemple.

Le Ty Village, en bordure de piste cyclable, sur une vaste pelouse viabilisée (avec eau, électricité et évacuation)

Voire même des résidences d’étudiants comme c’est le cas à Saint-Brieuc où un village de mini-maisons a vu le jour, une première en France, à l’initiative d’Aurélie Moy, une toute jeune polytechnicienne bretonne tombée sous le charme du concept de la tiny house. Elle installe sa Susy (pour sustainable systems/systèmes durables, le nom du master d’ingénieur environnemental qu’elle suivait alors à Sydney, Australie) sur le terrain familial à Saint-Brieuc. Et pourquoi ne pas ajouter une offre de logements dans une démarche de sensibilisation à l’habitat alternatif, au minimalisme ? L’idée du TY Village était né. 21 tiny houses voient le jour près du campus d’Armor où réside une centaine d’étudiants (5 maisons sont réservées à des particuliers, ce qui permet aussi une mixité bien sympathique). La maison, une alternative à la cité U, même de 18 m2, séduit ! Un vrai succès. Ces maisons sont fabriquées en Bretagne, par l’Atelier des Branchés, écologie durable oblige.

« Utiliser des matériaux écologiques est dans l’air du temps, mais pour nous, c’est surtout une philosophie. Nous le faisons parce que c’est nécessaire. Nous avons tous à jouer un rôle pour rendre le monde plus respectueux de l’environnement. Par exemple, notre isolant est fait à partir de lin, de chanvre et de coton, locaux et biologiques ». Atelier des Branchés – (atelierdesbranches.fr)

Vêtu d’une robe en bois, peinte en noire, cette tiny house peut accueillir 4 personnes – ©IdealTiny.

Dans le Sud-Ouest, à Lacanau, au milieu d’une forêt de pin se trouve une tiny house de 26,77 m2 + une petite terrasse aménagée avec les filets LoftNets, réalisée par Idéal Tiny (Nantes).

« Ideal Tiny, c’est une jeune Start-up, motivée et dynamique, qui allie deux passions : l’innovation dans l’aménagement de l’espace et le travail du bois ! Son engagement éthique est celui du développement durable et de la solidarité« . ideal-tiny.fr

Il faut compter avec les filets LoftNets pour un plus d’espace. Marque issue de France Trampoline et exclusivement dédiée aux filets sur-mesure, lancée en juin 2019, la marque LoftNets réaffirme l’expertise de la société bordelaise dans cette tendance forte du filet sur-mesure. ©IdealTiny.

« Les petites pièces disciplinent l’esprit, les grandes l’affaiblissent. » Leonard de Vinci

La législation

Derrière le rêve, la réalité administrative ! L’installation de la tiny demande des démarches auprès des communes qui n’ont pas forcément l’habitude de traiter ce type de projets.

Transportable avec un permis BE (remorque ne dépassant pas 3,5 tonnes), la tiny house est soumise à réglementation. La Loi ALUR réglemente l’installation des tiny-houses. Les principes généraux sont les suivants :
– Une tiny-house est une installation mobile car elle dispose de roues, elle ne nécessite ainsi pas de permis de construire
– Une tiny-house sur roues peut par principe stationner sur un terrain privé pour une durée de 3 mois sans déclaration. Au delà de 3 mois sans être déplacée, une demande d’autorisation doit être faite auprès de la mairie (nous conseillons de le faire avant de démarrer votre projet dans le cas d’une installation permanente, pour ne pas rencontrer de problème)
– Le stationnement sur terrain de loisir (Zone Naturelle de Loisir) et sur des “pastilles” est autorisé 
Dans tous les cas, renseignez-vous auprès du service urbanisme de votre commune pour vous assurer que vous ne rencontrez pas de problème. Certaines municipalités sont plus ouvertes que d’autres à ce genre d’habitation, certaines vont plus loin que la réglementation pour promouvoir l’habitat léger.
Pour aller plus loin : https://tinyhousefrance.org/legislation/– Association des Habitants de logements éphémères ou mobiles (Halem) – Guide juridique pour habitats alternatifs, Joris Danthon (éd. Ateliers fertiles, 2020) – hameaux-legers.org- escapetraveler.net

Côté assurance : les réponses de la MAIF

A quel type d’assurance faut-il souscrire pour assurer cette maison bien spécifique ?

« Les tiny houses sont des lieux d’habitation le plus souvent immobilisés sur un terrain. Elles ont cependant la particularité d’être hybrides car composées d’une remorque sur laquelle est fixé un petit chalet. Par conséquent, le petit chalet est assurable, en tant que lieu d’habitation, via un contrat d’habitation, tant pour le contenant que pour les contenus (meubles, appareils, linge etc…) et la remorque, en tant que véhicule dispose de sa propre carte grise et de sa propre immatriculation ; elle est donc soumise à assurance automobile obligatoire (au moins en responsabilité civile). C’est ainsi que nous procédons à la MAIF : nous assurons les tiny houses via la souscription d’un contrat auto et d’un contrat habitation ; c’est ce que font également d’autres assureurs, en tout cas ceux que nous connaissons bien.

Est-ce le même type de contrat que pour une caravane ?

Non, car on ne fait généralement pas le même usage d’une caravane. Une caravane est essentiellement un véhicule itinérant de loisir, tracté à l’occasion de séjours de vacances. Par conséquent, il est assuré via un contrat auto. A la MAIF, une option à ce contrat auto (VAM) est proposée pour couvrir les objets transportés (tout le contenu de la caravane).

Quel est le tarif environ ?

Voici 2 tarifs Tiny House 2021 (contrat VAM + contrat Assurance Habitation) pour une Tiny House située à CARPENTRAS (84) :

– Remorque en VAM Essentiel (tiers enrichie) + chalet assuré en Assurance Habitation F1 (formule entrée de gamme) avec patrimoine mobilier jusqu’à 7 000 € et objets précieux jusqu’à 4 000 €
=> 210,88 €

– Remorque en VAM Différence (tous risques) +  chalet assuré en Assurance Habitation F2 (formule intermédiaire) avec patrimoine mobilier couvert jusqu’à 7 000 € et objets précieux jusqu’à 4 000 €
=> 271,04 €

La tiny d’Ikea

©Escape/Ikea

En mars 2020, uniquement pour la promotion américaine du développement durable et des modes de vie plus économiques, Ikea a révélé sa tiny house de 17 m2 en collaboration avec la société Escape Traveler. La promotion s’est arrêtée en décembre 2020, pandémie oblige. Totalement autonome en énergie, cette tiny house était équipée de panneaux solaires sur son toit, de toilettes à compost et d’un système d’alimentation en eau chaude. Et les meubles ? Ikea, bien sûr… Et le prix ? Entre 50 et 60 000 € selon les options.

Tiny house, quels avantages ?

Une maison plus petite coûte généralement moins cher, cela permet d’économiser. Autre économie, l’énergie : les factures d’électricité, de chauffage. Vivre en deçà de ses moyens procure une certaine sérénité… Côté entretien, la tiny house fait gagner des heures et c’est bon pour le dos… Une maison plus petite vous encourage à vivre plus simplement et l’un des plus grands avantages de vivre dans une petite maison est que vous avez moins d’espace, vous choisirez donc judicieusement ce qui mérite une place dedans.

L’art de la simplicité

Ecologique, à taille humaine, pratique, la mini-maison s’adresse à celles et ceux qui acceptent, d’une part, de faire un grand tri dans leurs affaires, de se séparer d’une partie de leurs objets. Et la tendance prend ! Chez Kab’inn, l’espace est inspiré de la philosophie japonaise du « rien », appliquée à l’art décoratif. Un concept qui prône la simplicité de l’architecture d’intérieur comme art de vivre. Une manière de sublimer chaque espace, chaque meuble, chaque objet. Une philosophie expliquée dans les très bon livres de Dominique Moreau (L’Art de la simplicité et Vivre heureux dans un petit espace – Éditions Flammarion) installée depuis de nombreuses années au Japon. « S’il n’est pas toujours évident d’adopter un mode de vie plus simple dans une société qui nous incite à consommer toujours plus, la simplicité est synonyme d’enrichissement. on a de plus en plus de mal à faire la distinction entre ce qui est utile et ce qui ne l’est pas. On garde tout au cas où ! Un peu comme si les objets nous aidaient à nous définir en tant que personne, à dire aux autres qui nous sommes ». Souvenons-nous que l’essence de l’être humain ne se trouve pas dans les objets qu’il possède. Réfléchir à notre lieu d’habitation c’est réfléchir à sa vie, à son futur, à ses rêves, et même à sa mort…

*Source : enquête menée par Century

Au pays des grandes maisons…

Pas nouveau la ptite maison… Les Amérindiens utilisaient des tipis, dans les années 1800, Le Sud des États-Unis avait ses « Shot Gun House ». Pourquoi « Shotgun » ? Parce que l’on disait que si l’on tirait une balle dans la porte d’entrée, elle pouvait ressortir par la porte arrière sans rien toucher… Dans les années 70, l’artiste Allan Wexler a eu l’idée de créer une « Crate House », une maison compacte, une maison caisson avec 4 caisses, chacune représentant une fonction : cuisine, salle de bain, et chambre. Aux États-Unis, la taille moyenne d’une maison familiale est passée de 165 m2 à 230/250 m2 en 2007. Le « small house movement » est né de la volonté de refuser cette évolution et de réduire la taille des maisons à moins de 90 m2. L’architecte américaine Sarah Susanka est à l’origine de ce mouvement :  » Au milieu des années 90, alors que je travaillais comme architecte depuis plus d’une décennie, alors que je conduisais dans la banlieue de Des Moines (Iowa), j’ai remarqué que les nouvelles maisons étaient extrêmement grandes et décidément peu attrayantes. Sur des kilomètres et des kilomètres, tout ce que je pouvais voir, c’était ces « châteaux  » suffisants et sans âme. J’ai réalisé que leurs propriétaires ignoraient qu’il pouvait y avoir une autre option, des maisons de qualité, avec plus de caractère et parfaitement adaptées à la vie de leurs habitants ». Avec, en 1998 la parution de son livre, le premier d’une série, « The Not So Big House », le mouvement tiny-house était né. À l’heure actuelle, environ 1 % des américains acquiert une maison de 90 m2 et moins. En France, on compte quelques 400 tiny houses. Chez Kab’inn, depuis le début de la société en été 2020, 5 tini-houses ont été construites et 3 sont en cours de construction.

Source : susanka.com

Kab’inn

Publié par presscard49096

"Le libre arbitre, c'est le pouvoir de se déterminer soi-même sans être déterminée par rien"

Une réponse sur « Environnement : la tentation tiny house ! »

  1. Je ne connaissais pas cette tendance. Même le nom de « tiny house » m’était inconnu. Merci, chère 49096, de m’avoir fait découvrir ce nouveau mode de vie.
    Aux USA cependant, néo hippies mis à part, ils vont avoir du mal, quand on voit la surface énorme proposée par chaque maison de banlieue chic. Il leur faudrait, pour les convaincre, une bonne crise, non mais ! Comme celle de 1929, quand les familles entassaient, sur des chariots ou de vieux camions, tous leur maigres biens, le divan et le grand-père en supplément… Voir évidemment, dans la dernière partie des »Raisins de la colère », les ancêtres des tiny houses…
    Une dernière remarque. Vous dites que « l’essence de l’être humain ne se trouve pas dans les objets qu’il possède ». Heureusement ! Mais son existence ?
    Chers lecteurs, vous avez cinq heures et autant de copies doubles que nécessaire…
    Vous l’aurez également remarqué : Capicorsu n’est pas écolo… 😉

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