Elle sera la 6ème femme au Panthéon le 30 novembre prochain. Il semblait légitime de lui rendre hommage, au sein de la piscine parisienne qui porte son nom, dans le 13eme arrondissement de Paris. Du 25 au 31 décembre 2021.

C’est à 19 ans que Freda Josephine McDonald, née le 3 juin 1906 à Saint Louis, dans le Missouri, dans une famille pauvre et sans père. Adolescente, elle devient danseuse et tourne à 16 ans avec une troupe de danse de Philadelphie. En 1923, elle joue dans une comédie musicale «  Shuffle Along » puis s’installe à New-York où elle progresse régulièrement à travers le spectacle « Chocolate Dandies » à Broadway.

Joséphine Baker à Paris

©Estelle Maria Rey

En 1925, elle se rend à Paris pour danser au Théâtre des Champs-Élysées dans « La Revue Nègre » et introduit sa « danse sauvage » en France. Elle devient rapidement une artiste de music-hall très populaire et est la vedette des Folies Bergères où elle fait sensation, une ceinture de bananes en peluche autour de la taille. Entre les cubistes, les surréalistes, les écrivains, les cinéastes, elle devient une icône du Paris des Années folles, pose pour Picasso, pour Man Ray. La France l’a adoptée. En 1930, elle chante et fait ses débuts au cinéma. Elle se marie et obtient la nationalité française en 1937.

Membre des forces françaises libres

©Carole B

En 1939, elle entre en résistance déjà en refusant de chanter à Paris tant que les Allemands l’occupent mais fait, la même année, plusieurs tournées pour soutenir les troupes au front. Elle écrit aux soldats, envoie des colis, fait la navette entre le centre d’accueil de réfugiés qu’elle gère, à la gare du Nord, et son domicile du Vésinet, répond à l’appel du général De Gaulle et s’engage dans les services secrets par l’intermédiaire du frère de son agent qui va la présenter à un officier du 2ème Bureau. Ce dernier cherchait à recruter des « correspondants », des personnalités bénévoles qui pouvaient voyager sans éveiller de soupçons. Le but était, bien sûr, de recueillir un maximum d’informations sur les allemands. Elle fait passer des informations sur ses partitions de musique, et devient sous-lieutenant des troupes féminines auxiliaires de l’armée de l’air française. Elle réussira ainsi à obtenir, lors de réceptions données dans les ambassades d’Italie et du Portugal, de précieux renseignements sur les mouvements des troupes allemandes et les intentions de Mussolini au début de la guerre. Titulaire d’un brevet de pilote qu’elle obtient sur l’aérodrome de Guyancourt le 29 mai 1937, elle rejoint, pour masquer son engagement dans le contre-espionnage, les Infirmières Pilotes Secouristes de l’Air (IPSA) et accueille des réfugiés de la Croix Rouge.

©Marc Anselmi

Elle monte une troupe artistique pour faciliter le départ d’agents de renseignements pour l’Angleterre… Elle parcourt des dizaines de milliers de kilomètres en jeep à travers les déserts pour donner des spectacles dans les camps isolés de l’armée et dans les villes d’Alger, Agadir, Fez, Tunis, Benghazi, Alexandrie, Le Caire, Jérusalem, Haïfa, Damas et Beyrouth, partageant le quotidien des soldats avec ses risques et ses contraintes, au prix de sa santé. Après avoir combattu l’occupation allemande en travaillant pour la Résistance, Joséphine Baker est, le 23 mai 1944, officiellement engagée pour la durée de la guerre à Alger, dans l’armée de l’air, et devient sous-lieutenant, rédactrice première classe, échelon officier de propagande. Elle débarque à Marseille en octobre 1944.

Plus tard, en 1963, elle accompagnera la marche de Martin Luther King pour les droits civiques à Washington en uniforme de l’armée française, avec ses décorations. Et lance : « En France, je n’ai jamais eu peur ».

« Je n’avais qu’une seule chose en tête […] aider la France », déclarait auprès de l’INA celle qui sera faite chevalier de la Légion d’Honneur avec la rosace de la Résistance, et décorée de la Croix de guerre avec palme.

Savez-vous que ?

Lors de son passage à Alger en 1943, le général de Gaulle, reconnaissant, lui offre une petite Croix de Lorraine en or qu’elle vend par la suite aux enchères pour la somme de 350.000 francs, au profit exclusif de la Résistance.

Joséphine Baker, l’exposition

©Diane

Elle retrace son histoire avec une partie iconographique et documentaire. Une dizaine d’artistes (Marc Anselmi, Carole B, Mapéco, Diane, Estelle Maria Rey,…), à travers des peintures, des sculptures, du street-art, création numérique, BD, collage, proposent leur vision de l’artiste franco-américaine. Une exposition visible des nageurs mais aussi des passants sur les quais.

La piscine Joséphine Baker

Cet équipement exceptionnel de 90 m de long est doté d’un bassin sportif de 25 mètres
totalement découvrable dès les beaux jours. Avec son pont-solarium
de 500m² , il offre une vue unique sur la Seine.

Située quai François Mauriac entre le pont de Bercy et la passerelle Simone-de-Beauvoir, la piscine Joséphine Baker, équipement sportif incontournable du 13e arrondissement, imaginée par l’architecte Robert de Busni, a été inaugurée en 2006. Une façon pour la Ville de Paris, d’exploiter le fleuve et le rendre accessible à tous dans le cadre de l’héritage des prochains Jeux olympiques et paralympiques de 2024 ! Avec cette exposition multimédia, les équipes de la Piscine Joséphine Baker et de la
Direction de la Jeunesse et des Sports de la Ville de Paris souhaitent confirmer que la culture et le sport sont bel et bien complémentaires et cohabitent étroitement…

http://www.piscine-baker.fr
http://www.moncentreaquatique.com

source : http://histoire-vesinet.org/ La Société d’Histoire du Vésinet, mise en place en 1967 et dont le Président est, depuis 2011, Alain-Maire Foy, est fort bien documentée sur l’histoire de la résistante J. Baker .

À lire

Joséphine Baker, l’universelle, par Brian Bouillon-Baker, l’un des enfants adoptés par l’artiste et Jo Bouillon. Éditions du Rocher.

Publié par presscard49096

"Le libre arbitre, c'est le pouvoir de se déterminer soi-même sans être déterminée par rien"

Une réponse sur « Culture : Josephine Baker, la femme aux 2 amours »

  1. Bonjour, Presscard49096 ! Je suis très heureux que vous ayez publié cet article fort documenté sur une tâche encore trop peu connue de Joséphine Baker, artiste, chanteuse, danseuse et soldate de la Libération ! Merci !
    Merci aussi, en bémol, pour l’info sur la nouvelle piscine, très classe, qui porte son nom !

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